Wilfrid_Estève

"Dans le cadre de nos cours en master pro CMW, Virginie Terrasse et moi-même réalisons un webdocumentaire. Il s’intitule “Short Social Stories” et la problématique explorée est celle de l’utilisation des réseaux sociaux en France et en Corée. Il s’agit d’un partenariat entre l’université de Marne-la-Vallée et celle de Chonbuk."

mai 4
mai 4

L’équipe des professeurs en deux fois mais au complet.

Thierry Bonzon (UPEMLV), Maguette Mbow (UPEMLV), Virginie Terrasse (Studio Hans Lucas et UPEMLV),  Man-Hie Jine, Stéphane Trois Carrés (artiste vidéaste, SCAM, Ecole supérieure d’art du Havre et UPEMLV) et Eric Maillet (artiste vidéaste, Ecole Nationale Supérieure d’Art de Paris-Cergy, UPEMLV).

mai 5

“La Palestine comment ?” de Virginie Terrasse et de Wilfrid Estève (5/6), pour le magazine du Jeu de Paume.


Un petit groupe silencieux d’ouvriers palestiniens se presse. Aveuglés par la lumière et la poussière, nos paupières sont mi-closes. L’air enflammé fait danser des silhouettes. Son Mamiya autour du cou, Virginie s’éloigne et contourne la barrière de séparation. Je prends la direction inverse et décide de longer le mur, que je découvre toujours en cours de construction.

Il fait très chaud, le chantier fait miroiter un métal bouillant. Face à moi, des pans de béton de huit mètres de haut sont en train de prendre racine. Je mesure mon souffle et cherche l’ombre. Derrière des barbelés, j’entends crier : « Yala, yala ». Est-ce l’envie de fuir le soleil ou ce monde qui me paraissait si étrange ? J’ai longtemps marché ce jour là, interrogeant l’espace du regard, avec mes pensées d’homme libre pour seules compagnes.

Une photographie au pluriel.

La série présentée a été réalisée par deux auteurs. Elle se veut une métaphore, une représentation du conflit et de la colonisation, de l’enfermement dans l’espace et dans le temps ; de l’errance et des détours incessants d’une population civile prise en otage. Elle documente les aspects d’une partition territoriale imposée par la force et rendant impossible la cohabitation entre Israéliens et Palestiniens. Défaisant la géographie et les territoires, elle contextualise les difficultés à vivre en Cisjordanie.

Aujourd’hui, au-delà des photographies, des bruits de lieux me sont restés. À Naplouse, celui de l’orage après les déflagrations, il était court et intense. À Jérusalem la douceur de l’appel à la prière de la mosquée Al Aqsa. Dans la vieille ville désertée d’Hébron, théâtre d’un conflit à ciel ouvert, nous étions proches du silence. À Bil’in, les manifestants fuyant le feu des armes dans les champs d’olivier le rendait fort et prolongé. Le long du mur il m’est familier, c’est celui d’un chantier.

En cliquant ici, retrouvez la suite de l’article sur le site du magazine du Jeu de Paume.

Photographies de Virginie Terrasse et de Wilfrid Estève, texte de Wilfrid Estève.

La lecture sonore est réalisée par Samantha Rouault et Alice Guerlot-Kourouklis.

mai 8

#webdoc #hanslucas #corée Un petit aperçu de l’ambiance d’hier, lundi 7 mai. Le montage des deux webdocs s’intensifie, nous jonglons entre les problématiques propre au linéraire (Final cut et After effects) et à l’interactif (3wdoc et Drupal). Les Coréens sont efficaces avec de bonnes propositions en graphisme. Stimulant ! 

mai 12

Eomji jok : la tribu des pouces.

Sans trop dévoiler les choses, nous finalisons actuellement en Corée du Sud une nouvelle platefome interactive. La septième pour ma part. Dans la lignée d’un webdocumentaire, cette initiative en journalisme participatif et interactif s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre l’Université de Paris-Est Marne-la-Vallée et la Chonbuk National University.

En termes d’enseignement, l’enjeu était de placer les étudiants au coeur des réalités professionnelles, les éveiller aux nouveaux supports de l’information et de la communication. Pour finir l’atelier réalisé, depuis novembre 2011 sous la direction de Virginie Terrasse et de moi-même dans le cadre de nos cours “POM, vidéographie et webdocumentaire”, a permis de produire une série de reportages ainsi qu’un dispositif interactif sur la problématique de l’utilisation des réseaux sociaux en France et en Corée du Sud. La plateforme a été imaginée et conçue en décembre dernier et le contenu français intégré en mars.

Près de 10 ans après l’apparition des premiers réseaux sociaux, ce sont plusieurs centaines de millions “d’amis”, de “twittos” qui s’exposent, s’exhibent et partagent leur existence au quotidien. Addict, marginaux, réfractaires ou désabusés, ces usagers des réseaux livrent leurs expériences.

Du village à la capitale, de la niche de “Soja” à la “tribu des pouces”, près de trente étudiants ont varié les angles pour cartographier des pratiques décalées.

Au pays du matin calme, une forte volonté de créer ses propres marques (LG ou Samsung), réseaux sociaux et moteurs de recherche s’est développée très tôt. Cyworld est par exemple la version coréenne de facebook, me2day de Twitter et Naver celle de Google.

A Jeonju, les réseaux sociaux ne laissent personne indifférent. Qu’il s’agisse de Kakaotalk ou de Facebook, leur utilisation massive sur les smartphones et les tablettes témoigne de l’engouement pour la course aux nouvelles technologies.

Le nom de la rubrique coréenne [la sixième] de la plateforme s’intitule “Eomji jok : la tribu des pouces”. Il paraît que les Coréens seraient les champions d’écriture de textos. Leurs mobiles quittent rarement leur mobile de la main, ce qui est original dans la mesure ou ils passent peu de coup de fil avec. En fait ils sont connectés en permanence, il faut dire que le Wifi est en libre accès un peu partout.

Ici, le mobile accompagne le portefeuille et bientôt, ils ne feront plus qu’un. L’utilisation de tablettes est extrêmement répandue, personnellement je suis toujours aussi étonné de voir quelqu’un téléphoner en les utilisant. Il faut dire que l’objet n’est pas trop fait pour. D’ailleurs j’ai découvert que toutes une variété de formats intermédiaires entre le smartphone et la tablette…

A suivre, Wilfrid.

Dans le cadre de l’unité d’enseignement “POM, vidéographie et webdocumentaire” du master pro Cultures et Métiers du Web de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, Virginie Terrasse et moi-même avons proposé la réalisation d’une plateforme interactive documentaire. En termes d’enseignement, l’enjeu était de placer les étudiants au coeur des réalités professionnelles et de les éveiller aux nouveaux supports de l’information et de la communication. Habituellement, nous intervenons en formation continue, sur des journalistes ou de photographes qui souhaitent se spécialiser. Cette section d’étudiants n’en comportait aucun, les compétences transversales du groupe nous ont permis de superviser le développement d’une réalisation atypique de type webdocumentaire.

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Jui 18
Webdocu.fr : “La formation au webdocumentaire, une mise en pratique concrète des métiers du web”
Déc 8

Retour sur “21 voix pour 2012”.

Le projet transmédia “21 voix pour 2012” achève avec la plateforme interactive “60 secondes pour un quinquennat”, sa phase de production et la promotion en photojournalisme termine son stage en entreprise. Il était temps de rassembler quelques photographies d’une année particulière, celle de ma dixième et dernière formation en photojournalisme. A mon arrivée, le stage durait 2 mois et demi. Aujourd’hui, enrichit notamment de modules vidéographie, POM et webdoc, il en fait 8.

Pour devenir photojournaliste, il n’existe pas de mode d’emploi. Le but de la formation n’est pas de théoriser la pratique d’un métier, il s’agit plutôt d’en donner des clés, de proposer des pistes. Il ne suffit pas au photojournaliste d’être curieux, de trouver des idées pertinentes, de choisir un angle original, il lui faut aussi réussir à affirmer son regard. Et ne pas hésiter à confronter son travail aux autres, à évoluer dans un milieu professionnel dont il est nécessaire de comprendre les attentes et les règles. 

Les expériences des personnalités rencontrées durant la formation mettent en lumière différents modes de fonctionnement des photographes, mais aussi des médias, ainsi que les écueils à éviter, les questions à se poser. 

Les interrogations ne manquent pas : comment donner du sens à ses idées et à sa production ? Dans quel récit multimédia s’inscrire : vidéographie, petites œuvres multimédias (POM) ou documentaire interactif ? Dans quelle structure le photographe peut-il s’intégrer aujourd’hui ? Doit-il suivre ses affinités personnelles ou se plier aux exigences de ses commanditaires ? 

S’il veut s’épanouir, le photographe doit choisir la solution qui s’accommodera le mieux avec la démarche qu’il revendique. Le photojournaliste doit aussi gérer ses relations avec les rédactions : décrocher un rendez-vous, présenter un sujet pour optimiser les chances de le faire publier. 

Cette formation apporte des pistes de réflexion pour prendre du recul. C’est un laboratoire d’idées, d’échanges et d’expériences qui permet de s’émanciper. De s’affranchir.

Rendez-vous en septembre 2013 avec deux rentrées - une en formation initiale (université de Perpignan) et une en continue (CFPJ Médias) - pour un #photojournalisme encore plus en phase notre époque et son marché.